
PREVENTION FREERIDE
Sur les vingt années que j’ai passé sur ma planche j’ai été témoin de plus d’un avertissement de la Nature ou responsable de plus d’une erreur qui aurait pu m’être fatale.
Chaque fois le même constat s’est imposé : « j’ai eu de la chance ».
C’est cette chance, autant que l’expérience accumulée au cours des ans, que j’aimerais pouvoir passer plus
loin. Car pour moi comme pour tout montagnard ou freerider digne de ce nom, une grande partie des
connaissances nous ont été transmises par un aîné, une personne plus expérimentée que nous. Ceci est le
processus logique et le plus sûr pour pouvoir devenir un vieux montagnard. Car comme dit le dicton: « un bon
montagnard (freerider) est un VIEUX montagnard... »
Un autre aspect de la prévention est intimement lié à la nutrition. Un corps à moitié vidé de son énergie ne
prendra pas les bonnes décisions ou réagira lentement. Le petit-
VISUELS ALPDIDACT développés conjointement avec notre association www.thefreeday.ch :
« Gueules de baleine » (glissement au sol) Plaque à vent (accumulation) Transport de vent sur les crêtes
QUELQUES FAUSSES IDÉES
Si il y a des traces, pas de danger d’avalanche !!! FAUX !!!
Explication: souvent se sont les très bons riders qui font les premières traces. Ils savent rider « léger » là où
Il le faut, ou alors ils savent éviter ce que les experts appellent les hot spots, véritables détonateurs de
l’avalanche. Souvent la température augmente, de ce fait le poids de la neige aussi et une avalanche peut se
déclencher alors que la pente est tracée. Parfois même, sans explication, une avalanche se déclenche après
le 40ème rider. Un ami freerider est mort comme ça.
Si il y a des arbres, il n’y a pas d’avalanches !!! FAUX !!!
Explication: la seule forêt qui empêche une avalanche de partir est celle, si dense, qu’il est quasi impossible
d’y rider. Au contraire, des arbres clairsemés font le même effet que les noisettes dans le chocolat. La
fracture d’avalanche se dessine d’arbre en arbre, comme quand on brise une plaque de chocolat aux
noisettes... Et je ne parle même pas du risque de se faire broyer ou déchiqueter dans une avalanche qui
coule entre des arbres.
Si il fait froid, peu ou pas de danger !!! FAUX !!!
Explication: la poudreuse fraîche à besoin de plusieurs jours, et d’un peu de température pour qu’elle se lie à
l’ancienne couche de neige ou pour que sa cohésion interne augmente. Si il fait très froid, que la pente est à
l’ombre (au nord) le danger d’avalanche peut rester élevé pendant des semaines...
CONSEILS / ATTITUDE
matos = ARVA (ou DVA pour Détecteur de Victime d’Avalanche) avec des piles neuves sur toi et allumé !
Un sac à dos avec une pelle et une sonde pour localiser puis sortir la victime. Dans le sac tu rajouteras
encore: une couverture de survie, des barres de céréales, une thermos, une bougie et un briquet, une paire
de gants fins de rechange et de quoi réparer une fixation cassée.
savoir utiliser le DVA et localiser une victime en 3 minutes = un DVA possède trois boutons, alors
ceux qui me disent que c’est compliqué devraient la fermer et lire le mode d’emploi! Ils utilisent tous les jours
téléphone, ordinateurs et caméras vidéo avec mille fonctions... En plus on parle de sauver des vies alors on
s’entraîne à la recherche au minimum une fois par mois !!!
avertir = tes parents, un ami ou un des patrouilleur au sommet des pistes. Mais n’oublie JAMAIS de leur
dire que tu es bien rentré sinon ils risquent de lancer la cavalerie à ton secours alors que tu bois
tranquillement une bière chez toi...
préparer = tu as déjà vu un pilote d’avion ou de rallye qui part sans savoir où il va, quelles sont les
conditions ou le chemin à suivre... Non ! Alors tu check la météo, l’état du manteau neigeux sur internet, et
les runs sur une carte. Le mieux reste encore de discuter avec des locaux (guide, patrouilleur, freerider local)
et pourquoi pas aller avec eux...
jamais seul = tu ne mets personne en danger, ok, mais si tu te crash tu gèle, tu meure. Trop con, non?
un à la fois = dans une face ou un couloir, c’est chacun son tour. On s’observe pour pouvoir crier et avertir
le rider au cas ou une plaque se décrocherait sans qu’il ne l’aie vu. Et si jamais le rider se fait prendre on sait
où commencer les recherche puisqu’on sait où il a disparu sous la neige. Du coup on gagne du temps et on
a beaucoup plus de chance de le sauver!
on ne s’arrête jamais au milieu d’un couloir = si on veut s’arrêter c’est sur un éperon rocheux ou en se
collant juste sous un gros rocher. Jamais en terrain dégagé.
jamais suivre des traces = depuis 2-
parachute. Du coup ils font des traces qui débouchent sur des falaises, des cascades de glace...Ou alors il
y a des riders qui ont gagné l’Xtreme de Verbier (...) et qui vont s’entraîner et qui vont dans des endroits de
malade. Pas bon de s’y retrouver si t’as pas le niveau...
renoncer = la montagne sera encore là demain... Encore quelques millions d’années d’ailleurs alors que ta
vie peut s’arrêter aujourd’hui par ce que tu as voulu forcer le destin, au lieu de prendre le temps et de revenir
un jour plus favorable.
ÉLÉMENTS AGGRAVANTS
taille du groupe = 3 c’est parfait, 2 le minimum, plus de 8 oublie!
différences de niveau dans le groupe = il faut que le plus fort se mette au niveau du plus faible.
Le choix du run doit être fait en conséquence.
« chiard t’ose pas...! » = le gros con, grande gueule qui pousse des riders moins expérimentés à quand
même y aller.
petite couche de glace (croûte) puis il a neigé par dessus... = un vrai miroir, sur lequel la nouvelle
poudreuse n’a aucune accroche. Au moindre pet tout part en avalanche.
SIGNAUX D’AVERTISSEMENT
Le vent !!! (photo 3 Il y a du vent, des corniches se forment, de la neige s’accumule « sous » le vent. Du
coup il y aura une beaucoup trop grande masse de neige à certains endroits et dont les cristaux auront
perdu de leur pouvoir « accrocheur » car les minuscules branches de glace se seront faites cassé pendant
ce transport parfois violent.
Le mauvais feeling !!! Un sentiment bizarre, profond, au fond du ventre. Une sorte de malaise, comme un
poids qui nous pèserait sur les tempes et vers le nombril. Un sentiment oppressant qui diminue les facultés
mentales, parfois même l’ouïe.
Le destin !!! La paire de boots oubliée, le porte-
un accrochage en voiture, tout ça alors que tu te presse pour aller rider la poudreuse fraîchement tombée la
veille...
Prends le temps de réfléchir... Si tout ça t’arrives, c’est qu’il y a peut-
essaie de t’empêcher d’aller te tuer. Et même si tu ne crois pas à ces théories para normales, ces incidents
sont là pour te faire comprendre qu’aujourd’hui n’est simplement pas un bon jour pour toi... Renonce!
ADRESSES UTILES
www.slf.ch = bulletin d’avalanche, conditions réelles du danger, plein d’information sur l’enneigement
www.meteosuisse.ch = météo suisse, température, vent,... Plein d’infos importantes
www.snow-
dans le monde
www.alpdidact.ch = des formations, des week-
ses dangers
www.thefreeday.ch = des informations, conseils, photos et bien plus encore